Il y a peut-etre un ou deux parmis vous qui s’interessent particulierement à l’aviation, donc j’ai mis quelques clips video sur le Net exclusivement pour votre plaisir :
http://vimeo.com/284523/I:transcoded_email (Decolage Walikali)
http://vimeo.com/282669/I:transcoded_email (Decolage Shamwana)
http://vimeo.com/280800/I:transcoded_email (Decolage Kasongo – interieur)
http://vimeo.com/280767/I:transcoded_email (Decolage Kasongo – exterieur)
http://vimeo.com/279439/I:transcoded_email (Atterrissage Lubutu)
http://vimeo.com/282081/I:transcoded_email (Atterrissage Mitwaba)
http://vimeo.com/285442/I:transcoded_email (Atterrissage Shamwana)
http://vimeo.com/287788/I:transcoded_email (Atterrissage Walikali) [N.B. video de mon collaborateur Steve]
Pour les autres, et particulierement pour les devoreurs de livres, voici quelques bouquins que j’ai beaucoup apprecies :
- Les fantomes du roi Leopold (Adam Hochschild)
- Au cœur des tenebres (Joseph Conrad)
- In the footsteps of Mr. Kurtz (Michela Wrong)
- Les yeux dans les arbres (Barbara Kingsolver)
Je quitte l’Afrique demain, donc a bientôt pour certains d’entre vous. Un dernier article suivra.
par Alan Follmar
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Depuis mon arrivee au Congo je n’ai jamais eu l’occasion de voir des troupeaux d’animaux sauvages. En fait, la faune a presque ete toute eliminee a cause des annees de guerre, tuee par les villagois qui mourraient de faim.
Vous imaginez donc ma surprise lors d’un vol de Luena a Malemba quand l'un de mes passagers qui occupait la place du copilote a repere trois elephants au milieu des marecages : deux magnifiques adultes et un petit. La dame a tout de suit sorti une tres bonne camera, et j’ai fais deux boucles au dessus des animaux pour qu’elle puisse prendre les photos.
Le weekend suivant ce vol quand je suis alle a la residence de son ONG pour chercher une copie des images, j’ai ete stupefait de decouvrir qu’elle avait rate tous les photos, sauf une (celle que vous voyez ci-dessus. Eh oui, les blondes…
par Alan Follmar
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Cette semaine j’ai emmene trois membres du personnel de l’organisation CTB (Cooperation Technique Belge) de Lubumbashi a Nyunzu, ou nous avons ensuite embarque sur un petit tracteur diesel pour fair un voyage d’une heure et demie en direction de Kalemie, afin de visiter le pont ferroviaire qui a ete finance et construit par la meme organisation.
L’aller-retour sur le tracteur a ete une experience inoubliable. A la vitesse maximum de 40 a l’heure j’avais l’impression d’etre sur une atraction au Parc Asterix pour les enfants ages de 5 a 7 ans. Les rails sont deformes et plus du tout parallels. Pour la plupart du trajet les traverses ont ete entierement recouvertes par l’herbe et la boue. Pas surprenant je suppose : il n’y a pas eu d’entretient depuis le depart des belges il y a presque un demi-siecle.
La voie ferroviere au niveau de la riviere Nyemba a ete emportee par les fortes crues en 1997, et aucun train n’a pu circuler jusqu'a la fin des travaux debut 2007. Le directeur regional de la SNCC (homme corpulant portant la chemise aux vives couleurs sur l’image ci-dessus) etait fier du fait qu’il y a maintenant 4 trains par mois qui circulent sur ce troncon, en ajoutant qu’un « train passager de luxe » a quitte Kalemie la veille destination Lubumbashi (4 jours pour parcourrir les 1,000 km).
Si vous voulez voir les photos du projet de reconstruction du pont vous pouvez taper « pont nyemba » sur google et vous allez trouver le lien du BTCCTB


par Alan Follmar
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Comme les entreprises aeriennes « low cost », notre service a bord est minimal et consiste en une bouteille d’eau et un petit paquet de biscuits. Ce n'a donc pas ete surprenant de voir un de mes passagers sortir quelque chose a manger vers midi lors de notre escale a Kabalo, avant d’embarquer pour un trajet de deux heures et demi a Lubumbashi. Cette jeune femme (desole, elle etait habillee de maniere tres chic mais ne figure pas sur la photo…) mangait avec la main quelque chose qui se trouvait dans une poele. Pour ceux interesses par la gastronomie, voila : termites frites avec des tomates. J’ai deguste, ce n’etait pas mal.
par Alan Follmar
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Lors de mon premier vol a Kapanga, village a 770 km au nord-ouest de Lubumbashi et pas trop loin de l’Angola, j’ai constate que que nous allions traverser une zone dite prohibee.

Un clic sur le cercle vert present sur l’ecran du GPS m'a montre que l'endroit s'appelait « Shinkolobwe ». Ayant deja lu plusieurs livres sur l’histoire du Congo, j’ai reconnu cet endoit infame : mine ou les Americains ont obtenu l’uranium utilise dans les deux bombes atomiques lachees sur Hiroshima et Nagasaki.
Encore en contact avec la tour de controle de Lubumbashi, j’ai demande si cette zone dite « prohibee » l'etait encore. Les controleurs ne comprenaient absolument rien, donc je leur ai pose la question en langue francaise. Cette question semblait les laisser perplexes, et c’etait tout de suite evident qu’ils ne savaient pas me repondre. Voila, une fois de retour de Kapanga j’ai decide de voir si je pouvais trouver la mine. Bien que je ne puisse pas prouver que ce soit bien Shinkolobwe, ce que vous voyez en bas est proche du centre de la zone.
Cette mine a ete fermee avant l’independence en 1961, le puits inonde, et l’entree bloquee par du beton. Pendant l’epoque de Mobutu le site est toujours reste sous la protection de l’armee, mais a partir de 1997 lors de l’irruption de la guerre civile, des mineurs de fortune ont a nouveau commence a exploiter le site. L’Iran a meme essaye d’obtenir l’uranium de cette mine en cachant le minerais dans une expedition de coltan. Heureusement la mission de contrebande a ete denouee par les douaniers Tanzaniens.
par Alan Follmar
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La maitrise du chargement et un respect strict des limites etablies pour l’aeronef en termes de poid sont toujours des elements critiques, mais surtout au Congo compte tenu des conditions (longueur, obstacles, altitude) des pistes que nous deservons. La grande majorite de nos clients en est consciente et travaille serieusement en preparant, avec plusieurs jours d’avance, la cargaison et en nous donnant un manifest detaille au kilogramme pres.

Apres 11 mois au Congo je connais deja les ONG auxquelles je peux faire confiance. Sur l’image ci-dessus, une moto, quatre moteurs hors-bord, des caisses, valises, et bien sur, des passagers. Le client : Action Contre la Faim. Je ne doute donc pas de la precision des chiffres declares.En revanche, il y a quelques organisations qui sont notoirement deficientes en gestion de logistique.
Ce matin a Lubumbashi, par exemple, quand j’ai vu la cargaison deposee par l’une de ces ONGs, j’ai tout de suite demande la balance. On a decouvert 329 kg au dela du montant declare de 800 kg. Enfin, des questions a poser aux passagers a propos de la valeur de la vie humaine (et la mienne en particulier), et encore un memo a rediger le soir…

par Alan Follmar
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C’est la saison seche au sud-est du Congo. A Lubumbashi cela fait maintenant plus de deux mois sans qu’une goutte d’eau n’arrive du ciel. Sur la savane il y a de rafales de vent, les feuilles sont tombees de la moitie des arbres, et l’herbe et les buissons ont change a des couleurs ocre et marron. Les villageois brulent les champs, ce qui laisse un paysage de desolation… mais, ici c’est tout à fait normal, faisant partie du cycle annuel.
Nous sommes egalement en plein hiver, donc il fait noir quand nous partons a l’aeroport a 06h45. Pendant la nuit la temperature peut descendre jusqu’a 5 ou 6 degres, donc il faut se couvrir. Voilà, sur l’image ci-dessus vous voyez deux de nos chauffeurs bien habilles a l’heure de prendre la route.
Sur les trois images ci-dessous : (1) les belles couleurs de la savane en periode seche ; (2) les champs qui brulent ; (3) de jolies oasis que s’etendent le long des rivages des rivieres.



par Alan Follmar
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Au cours de cette annee, les evacuations d’urgence ont probablement ete les moments les plus intenses. Par exemple, il y a plusieurs semaines j’ai du transporter un expat atteint de paludisme de sa base jusqu’a Lubumbashi. Normalement, un tel vol ne serait rien d’exceptionnel sauf que dans ce cas-ci, c’etait en pleine nuit a partir d’une petite piste d’herbe (evidemment non balayee) d’un lointain village.
Cette semaine, l’OMS a demande a AirServ de transporter les sept blesses les plus graves d’un accident d’avion (entreprise aerienne Congolaise) a Lubumbashi. A l’arrivee, j’etais plonge dans une situation de chaos total. La population entiere de la ville [N.B. « village » = paillotes ; « ville » = paillotes plus hopital et antenne de telephonie mobile] etait ou a l’hopital, ou a la morgue, ou sur la piste, ou reunie autour de mon avion. Pas de responsable, pas d’information. Les soldats congolais essayaient de repousser la foule sans grand succes. J’ai suivi le chemin qui traversait la piste pour me rendre a l’hopital afin de voir les blesses et d’evaluer leurs conditions. Il n’y avait aucun medecin pret a prendre une decision, et les trois soldats du contingent jordanien des Nations Unies qui conduisaient une ambulance ne parlaient ni le Francais ni l’Anglais. Voila, vous avez une idee de la magnitude de la confusion qui regnait.
Une fois les blesses embarques – quelques-uns assis, d’autres couches au sol – une bonne dizaine de membres des familles des blesses ont egalement essaye de trouver une place a bord. J’avais du mal a leur expliquer que ce n'etait pas un A320…

par Alan Follmar
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Outre les deux passagers de Caritas, j'ai egalement eu plusieurs eveques et Nonce Apostolique sur mon vol de Lubumbashi a Kongolo. Tout le monde etait tellement aimable et decontracte au depart que j'ai completement ignore l'importance de ce voyage.

C'est donc avec beaucoup de surprise que j'ai vu les presque 1,500 personnes qui s'etaient reunies sur le parking lors de notre arrivee. Tout s'est tres bien passe. Mais au retour, l'avion a souffert la crevaison d'un de ses pneus et a du etre remorque hors de la piste apres l'atterrissage.
Malgre le gene occasionne pour les passagers, j'ai ete tres reconnaissant envers le Bon Dieu de m'avoir epargne l'embarras et l'inconvenience d'un tel probleme dans le village de Kongolo, qui se trouve a deux heures et demi de vol de Lubumbashi !
par Alan Follmar
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