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Lundi 5 février 2007

J’ai decouvert que chaque village a sa propre dynamique.  Hier a Mukubu, j’ai demande a une jeune française travaillant pour l’ONG sur place si elle pourrait me prendre en photo avec les plus de 200 personnes reunis autour de l’avion.  Quand les villageois se sont rendus compte de ce que je voulais, ils m’ont pousse vers le milieu de la foule.  Ils voulaient tous me toucher.  J’ai ressenti une veritable gratitude.

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Mercredi 31 janvier 2007

Je n’ai jamais vu tellement de gens demunis que dans les petits villages de Katanga.

Pendant les annees de guerre ce peuple a vu ses maisons et champs etre brules par les soldats. Meme s’ils on pu reconstruire lentement leurs vies il n’ont pour le moment presque rien.  En plus, il y a une penurie d’eau.  Ils sont sales, et portent des vetements rapes et dechires.  Ce sont les ONGs qui leur apportent le soin, des semences pour replanter, et meme de quoi manger.

Il y a assez souvent des enfants qui viennent m’aider a decharger l’avion et a mettre les cartons dans le vehicule dans l’espoir de recevoir un biscuit en tant que remerciement.

 

 

 

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Samedi 27 janvier 2007

Piloter en Katanga est tres different de ce que j’ai connu dans le Nord Kivu.  Plus de hautes montagnes, ici c’est la savane ou ce sont des plateaux avec leurs escarpements, et jolies chutes d’eau.  Je trouve la simplicite et l’austerite du paysage magnifiques.

Les pistes sont en regle generale plus courtes et beaucoup moins amenagees, etant donne qu'elles ne sont que desservies par les avions d' AirServ. Il faut toujours faire un petit tour a basse altitude avant l’atterrissage car il peu y avoir des gens, des chevres et cochons, ou d’autres especes sur la piste.

On parle des villages qui sont parfois desservies qu’une, peut-etre deux fois par mois, donc l’arrivee de l’avion est un grand evenement.  Il n’est pas hors du commun de voir tout le village rassemble pour nous accueillir.

 

 

 

 

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Mardi 23 janvier 2007

Depuis plusieurs jours je me retrouve a 1000 km au sud de Goma dans la ville de Lubumbashi pour remplacer un pilote francais actuellement en conge.  L’atmosphere dans cette metropole est completement differente de celle de Goma, ce qui s'explique principalement par le fait qu’elle n’a jamais ete ravagee par la guerre, meme si des affrontements ont eu lieu dans toute la region de Katanga.  Ici il y a des vestiges de l’ere coloniale : des vielles batisses au centre ville, quelques avenues pavées, et des zones residentielles tranquilles ou les rues sont bordees d’arbres.

En revanche, je ne dis pas que Lubumbashi est Paris.  Il faut comprendre que si elle a ete une ville splendide pendant les annees '50, aujourd’hui elle n’est que l’ombre de son passe, car il n’y a pas eu le moindre investissement, ni meme le moindre entretient apres le depart des colonisateurs.

J’ai pu faire une promenade a la fin de la journee, un plaisir inedit pour un quelqu’un habitue a la vie de Goma.  Il y avait du monde dans les rues, des gens vraisemblablement contents, ouverts, et aimables.  Bon, c'est vrai qu’un policier m’a accompagne pendant quelques minutes en m’expliquant qu’il etait la pour me proteger, etc.  Il a fini sont discours en me demandant, « avez-vous 200 F pour moi ? »  Bizarre cela, qu’un homme arme me demande de l’argent tout en avouant son role de defenseur des civils.

C’est probablement politiquement incorrect de le dire, mais je pense que si les Congolais ont enormement souffert sous le mandat des Belges, leur condition a empire pendant la periode qui a suivi.  Au moins à l’epoque coloniale il y avait une infrastructure routiere et ferroviaire, des hopitaux, des ecoles, et une protection civile.  Ce que le peuple a subi par la suite n’a pas de comparaison.  Je ne suis ni politologue ni historien, alors je reconnais que mon point de vue sur le sujet ne reflete pas forcement la realite des evenements. 

 

 

 

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Dimanche 21 janvier 2007

Depuis un certain temps je cherche une excuse pour pouvoir survoler a basse altitude la cote ouest du Lac Tanganyika pour regarder les villages des pecheurs.  Et voila, en m'expliquant qu'il allait entamer un projet d'assainissement d'eau pour luter contre le cholera, un responsable de l'ONG « Solidarite » m'a demande si ce serait possible de faire un tour de la zone cotiere.  Quel bonheur !  Pendant les premiers 30 minutes d'un vol de 1h50 Kalemie - Goma, nous avons pu contempler l'un de plus beaux paysages du monde.

 

 

 

 

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Jeudi 18 janvier 2007

On nous a depose a l'entree d'un quartier pauvre aux alentours de l'aeroport.  Plusieurs collaborateurs expat et moi-meme empruntons le chemin qui serpente entre les bananiers et les paillotes.  Je regarde les femmes qui font la cuisine sur les feux.  Des enfants (la moitie d'entre eux nus) me regardent sans rien dire.  Je trouve bizarre le fait de ne pas entendre « Mizungu, mizungu » ou « Donne-moi un biscuit ».

Le cimetiere n'est qu'un champ de mauvaises herbes.  J'entends des coups de pioche mais je ne parviens pas a voir ceux qui travaillent a cause de la foule.  Une jeune femme perd connaissance et est emportee par des hommes.  Quelques femmes chantent.  Tandis qu'on attend, deux autres corteges montent le chemin vers d'autres emplacements.

Seulement un an de plus et il aurait atteint l'age moyen d'un resident de Goma.  Il n'y a pas de discours.  On met le cercueil dans la fosse et les hommes commencent a remettre la terre.  Ils demandent de l'argent : prix d'achat pour des coqs ou pour un chevre qu'ils tueront en suite pour se proteger de l'esprit du defunt.

Au Congo, les victimes du SIDA sont condamnes a mourir tres vite, car le cocktail de drogues necessaires pour se maintenir en vie est trop cher.  Edmond etait marie, avec de nombreux enfants a charge.  La prochaine victime est evidente.

 

 

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Mardi 9 janvier 2007

 

J'ai finalement eu l'opportunite de visiter une des bases de MSF et de rencontrer l'equipe sur place lors d'une escale de deux heures a Shabunda.

On m'a fait visiter l'hopital - un vieux batiment de l'epoque des Belges partiellement endommage pendant la guerre - et j'ai pu constater comment le personnel d'MSF encadre et forme les sage-femmes, infirmieres, et medecins Congolais.  Le paludisme, gastro-enterite, et tuberculose sont assez communs.  Chez l'enfant, il y a un taux tres eleve de malnutrition du a la pauvrete du l'alimentation (principalement le manioc).

 

L'hoptial de Shabunda est le seule centre medical d'une region perdue au millieu de la jungle.  Donc, comme la jeune mere dans la photo a gauche qui a du marcher une semaine avec sa fille, les gens arrivent par fois de tres loin pour se faire soigner.

Venant de plusiers pays (UK, France, Holland, Espagne, et le Maroc), cette equipe a Shabunda vit dans des conditions assez dificiles mais fait un travail exceptionnel.  Je les felicite pour leur courage et engagement !

 

 

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Samedi 6 janvier 2007

Chaque semaine je decouvre de nouveaux moyens d'atteindre mes buts. Par exemple, comment prendre des photos sur les aerodromes : premiere etape, chercher Rambo ; deuxieme etape, lui demander son portrait.  Et voila, vous obtenez ainsi carte blanche pour prendre toutes les photos que vous desirez !

Kongolo a une ambiance tout a fait particuliere.  Il y a toujours des marchands sous l'arbre devant l'aerogare qui vendent des ananas, oranges, et meme des singes.

« Des chouchous... ou bien pour manger ? » je leur demande.

« Comme vous voulez » ils repondent.

Les enfants regardent l'avion.  Malheureusement je n'ai pas de biscuits pour eux aujourd'hui.  Je paie les frais d'atterissage dans le bureau de le RVA (Regie des Voies Aeriennes) et ensuite, je m'occupe des passagers qui vont embarquer.

Une fois parti vers Kalemie, j'ai un peu de temps pour reflechir sur des questions existentielles : pourquoi ceux qui portent les armes sont-ils les moins intelligents? Pourquoi tous les bureaux de l'RVA sentent-il l'urine? Les gens qui passent leurs temps a regarder les avions, n'ont-ils pas d'autres choses plus importantes a faire ?  Tellement de questions... je suppose que les centaines de pilotes d'AirServ qui m'ont precedes se sont penches sur les memes questions.

A 30 minutes de Kalemie la meteo se degrade.  On traverse une zone de fortes pluies et de turbulence.  Pas de probleme, parmi les passagers cinq religieuses de « Missionaires d'Afrique » sont probablement en train de prier pour nous.  A l'arrivee celles-ci confirment mon  hypothese, et je les remercie.  Il est 13h00.  J'ouvre une boite de maize et je me promene en mangeant.  Deux heures de vol et encore une escale avant de rejoindre Goma.

 

 

 

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Mercredi 3 janvier 2007

Mes meilleures vœux pour une annee 2007 pleine d’espoir !

Apres plusiers jours d’arret pour les fetes de fin d’annee l’activite humanitaire reprend son rythme - malgre quelques petits obstacles.  L’acces a nos avions a ete bloque ce matin du a des « problemes administratifs ».  Apparemment la RVA locale n’a pas apprecie notre demarche pour un « pass » annuel (payment a Kinshasa) et en attendant, il a fallu acheter un « pass » hebdomadaire (du fric dans la pochette de l’agent a Goma).  D’ailleurs, l’armee Congolaise nous a aimablement communique sa decision d’emprise definitive de notre hangar…

Bien que mon depart ait ete tardif ce matin, j’ai eu quand meme un vol agreable a Shabunda et Walikali avec du personnel d’MSF.  Les villageois de Shabunda sont toujours interesses par l’arrivee de l’avion AirServ, et il y a toujours un grand nombre de personnes qui attendent sur le bord de la piste (voir ci-dessous).  Comme vous pouvez constater, pas de neige ici !

En admettant que le retour a Goma fin decembre n’a pas ete facile, je remercie beaucoup ceux qui ont pense a moi et qui m’ont envoye des messages d’encouragement.  Voila quelques mots d’un ami a Bois-le-Roi :

Je te souhaite une tres bonne annee 2007 avec sante, bonheur, prosperite et aussi :

- pas de viande dans les cereales,

- des volcans endormis, 

- plus de petard jours et nuits,

- des bulletins meteo sans complaisance,

- manger a ta faim,

- pleins de visiteurs sympas : parents, amis, relations ...

- un retour a la maison au moment que tu auras choisi.

 

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Vendredi 22 décembre 2006

Huit jours en France juste avant Noel.  Pas de temps pour me reposer, car j'ai du rencontrer des amis et (parfois au meme moment) redecouvrir la bonne gastronomie francaise, tout en ayant comme objectif de reprendre les trois kilos et demi de poids que j'avais perdu.  Un ami de Chartrettes m'a offert un beau T-shirt noir sur lequel est inscrit « Captain Congo »; je vous promets donc dans un future article une belle photo de moi habille en noir et portant les Ray-Ban que mes ex-collaborateurs de BarCap m'ont donne en aout dernier.

L'aller-retour en voiture de Goma a Kigali (Rwanda) m'a beaucoup plu.  Les collines verdoyantes sont toutes amenagees et cultivees a la main.  Dans les valles, des milliers de ruisseaux arrosent les petites parcelles ou bien des grandes plantations de the. 

 

 

 

 

 

 

Un grand nombre de gens marchent sur la route, les femmes restant les plus remarquables : parfois pieds nus, toujours avec des fruits et legumes sur leurs tetes, pioches dans les mains, bebes sur les dos.  Des enfants souriants - qui se trouvent partout, jouant sur l'accotement ou dans les arbres pres de la route - nous saluent.  J'ai vu un malade porte sur les epaules de quatres hommes (« ambulance africaine » selon mon chauffeur).

 

 

 

 

A une heure de Goma nous avons trouve un centre de refugies recemment construit pour accueillir les villageois qui fuient les conflits armes a la frontiere avec la DRC.  Nous avons egalement passe devant un tribunal en plein air ou les genocidaires avouent leurs crimes et demandent pardon (une histoire qui pourrait, a mon avis, encore se reproduire car la mefiance entre les Hutus et Tutsi perdure).  Quelle histoire... et quelle future ?

Apres trois heures et demi de voyage nous sommes arrives a la frontiere.  Aucun doute d'etre de retour au Congo : huit agents pour ouvrir la barriere (un qui travaille, sept qui observent) et une pluie diluvienne qui tombe seulement du cote congolais.  L'agent d'immigration qui m'a donne tellement des ennuis a la sortie a cause du manque de traceabilite dans mon passeport americain est devenu cette fois-ci mon meilleur ami.  Pourquoi suis-je la ? Je pense a Marlow dans le celebre roman de Conrad, a qui - avant sont depart au Congo - le medecin demande, « Des cas de folie dans la famille ? »

 

 

 

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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