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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /2007 21:12

Autre que les passagers, nous avons toutes sortes de cargaisons dans nos avions : medicaments, vaccins, alimentation pour les enfants, etc.  J'ai meme vu une boite en carton sur laquelle etait inscrit « dix mille preservatifs ». Pour les Congolais ou les expats ?  Tellement de fret que j'ai presque perdu ma curiosite, et me suis simplement occupe d'effectuer le chargement et le dechargement le plus rapidement possible.  L'autre jour j'ai mis quelques objets en plastique dans l'avion, sur lesquels j'ai cru reconnaitre un dessin presque familier.  A mon arrivee a Lubumbashi j'ai demande à l'ONG venant recuperer la cargaison a quoi servaient ces choses. « Eh bien, ce ne sont pas les empreintes des stars de Hollywood.  Ce sont des toilettes portables qui ont servi dans les hopitaux de collera ».  Dieu, je me suis bien lave les mains en rentrant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /2007 22:46

L'histoire de James Bond (article du 28 fevrier) est devenue une affaire de portee internationale !  En effet, les agents rwandais m'ont suivi jusqu'en Ouganda.  Voila la suite des evenements :

J1 - Entebbe, un jeune couple africain entre dans le restaurant de l'hotel et s'assoit a ma table ou je suis absorbe par un bouquin.  J'essaie de les ignorer, et continue donc la lecture de « Le fantome du roi Leopold ».  Alors, les questions commencent subtilement : de quoi s'agit le livre ? Qu'est-ce que je pense des ougandais, des congolais ? Que fais-je precisement en Afrique ? »  J'excuse leur manque de politesse et le fait d'avoir interrompu mon diner, en me disant que les normes sociales sont peut-etre differentes qu'en europe.  Je n'associe pas cette conversation a l’interrogatoire que j'ai eu deux semaines auparavant au Rwanda.  L'homme se dit interesse par des opportunites professionnelles avec AirServ et me demande mon numero de telephone portable.  Je refuse discretement, mais j'accepte de sauvegarder son numero et de le contacter si eventuellement une opportunite se presente, etc.  Je remets mon appareil dans ma poche et me concentre sur mon repas.  Une minute plus tard le telephone sonne.  Je constate que l'appel provient de mon cher ami noir assis a mon cote.  Je suis un peu enerve et a la fois curieux car l'homme n'a evidemment rien fait.  Je raccroche, et deux minutes apres le meme scenario se repete.  L'homme s'excuse en me disant que ce n'etait absolument pas lui.  Mais le numero etait bien le sien.  Je quitte le restaurant.

J2 - Je change d'hotel.

J3 - Le matin, un appel sur le telephone de l'hotel me reveille.  Un homme m'attend a la reception. Rendez-vous pour un parcours de golf.  J'informe la receptionniste que je n'ai rendez-vous avec personne.  Quand je prends mon petit dejeuner je pose quelques questions. Oui, c'etait un homme noir d'environ 27-28 ans.

J4 - Le soir je sors avec un pilote francais d'AirServ en fin de mission.  Pendant le diner, je lui raconte l'histoire depuis le debut, en commencant par la traversee de la frontiere a Goma avec Adriana.  Bien qu'il trouve les evenements bizarres, il n'est pas pret leur accorder une importance

particuliere.  En revanche, je le mets en garde que dorenavant il sera implique, car les agents rwandais seraient informes de ma rencontre avec lui.  Il trouve mon avertissement amusant.

J5 - Mon collaborateur se deplace a Kampala (45 minutes en voiture au Nord d'Entebbe) pour y passer quelques jours avant de rentrer en France.

J6 - Je me retrouve a l'aeroport pret a partir, une fois de plus, a Goma.  Je recois un appel de mon collaborateur francais, qui a l'air trouble.  Il m'explique que la veille, lors de son diner, un jeune noir est venu causer avec lui.  Beaucoup de questions (qu'est-ce qu'il faisait en Afrique, etc...) L'homme lui a egalement demande sa nationalite [N.B. c'est a ce moment la que j’ai eclate de rire car mon collaborateur - avec son accent francais prononce - a nie toute association avec La France !].  Le lendemain, il a repere son interlocuteur a quelques dizaines de metres de l'entree de son hotel.

Enfin, apres tous ces evenements etranges je suis content d'etre a Lubumbashi, tres loin de ce pays qui s'appelle le Rwanda !

 

 

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 18:22

 

 

Le village de Malemba Nkulu se trouve bord du Lualaba (le « Congo » pour les occidentaux) a environ 100 km de la source de ce grand fleuve, et dans une region marecageuse ou la peche est l'une des activites les plus importantes.  Malheureusement, avec les fortes pluies de cette annee, des centaines de villages on ete submerges par les eaux.  Alors plusieurs ONGs, notamment ACF (Action contre la faim) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation) sont sur place pour aider.

J'ai recemment eu l'occasion de passer quelques heures dans le village tandis que j'attendais l'arrivee de mon passager, expert belge en pisciculture (organisation Cooperation Technique Belge)qui rentrait d'une excursion de 3 jours dans les marais.

Je remercie l'agent de la FAO qui m'a emmene un peut partout en moto, et egalement les cinq pretres qui m'ont invite dejeuner avec eux a la procure.

En bas, trois photos : (1) un serpent venimeux sur lequel j'ai presque marche ; (2) des enfant faisant de la peche ; (3) l'un des nombreux villages inondes.

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 8 mai 2007 2 08 /05 /2007 08:16

L’un des villages du Katanga desservi au moins une fois par semaine par nos avions s’appelle Shamwana.  Ce village se trouve dans une region autrement connue comme « le triangle de la mort » a cause des atrocites commises par les rebelles et l’armee congolaise contre le peuple pendant la guerre.  Tres pauvres, les habitants vivent dans de petits abris faits en paille ; voila donc des conditions que je n’ai vues nul part ailleurs.

Il y a deux ONGs sur place : Medecins sans frontieres, qui apporte une aide d’urgence en matiere de sante, et Concern, qui a pour mission la distribution de denrees et de semences, mais qui a egalement un engagement pluriannuel dans le but de reconstruire les ecoles et de mener a bien d’autres projets d’infrastructure.

 

 

 

La piste de Shamwana a ete construite a la main sous la direction d’MSF sur une colline avoisinant le village.  Du point de vue d’un pilote, les 400 metres utilisables pour l’atterrissage et la pente en montee de 5% laissent à desirer… Mais, que puis-je dire : nous sommes au Congo, donc contraints par fois a accepter des conditions qui ne sont pas necessairement ideales.Sur la photo en haut de la page, debut de la piste au pied de la colline (le Cessna Caravan au sommet est hors de vue).

Sur la gauche : [1] la route de l’aeroport vers le village (pas trop different de

l’A6 Orly-Paris…) ;

 

 

 

 

 

[2] residence cinq etoiles du personnel d’MSF.

 

 

 

En bas, deux membres de l’equipe Concern (un Quebecois et une Irlandaise) devant l’entrepot. 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 19:38

Quand je suis arrive au Congo le taux US dollar / Franc Congolais etait de 550.  Aujourd'hui , l'affaiblissement du dollar se constate non seulement sur les grands marches financiers mais aussi au milieu de l'Afrique, ou le « greenback » se negocie maintenant a 490.

A Lubumbashi on n'est jamais contraint d'aller plus loin que d'environ 100 metres pour trouver un « changist »  Chaque pilote d'AirServ a son vendeur prefere, capable soit disant de garantir le meilleur taux du jour.

Peu importe si on reussit ou pas a obtenir 490 ou 500, la transaction est sure d'aboutir a une conversation interessante, les congolais etant a la fois aimables et bavards.  En revanche, si le taux n'est jamais gagne a l'avance, il est sur que vous aller quitter le lieu avec les poches pleines de billets les plus epuises et puants que vous ayez jamais vu.

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Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /2007 18:46

Je suis alle a Goma recemment pour introduir un nouveau pilote aux aventures d'Airserv en RDC (troisieme, d'ailleurs, depuis fevrier, j'ai donc la sensation que mon annee au Congo va tres bientot s'achever...).  La situation dans la ville s'est nettement deterioree depuis mon depart au Katanga, au point que les deplacements a pied en dehors des hautes murailles de la residence ne sont plus autorises, meme pendant la journee.

Pas de television, pas de lecteur DVD, et plus de promenades : cela se traduit par la claustrophobie pour la plupart des pilotes.  Resultat, un d'entre eux a eu l'idee de creer un nouveau genre d'embarcation, disons une sorte de plate-forme flottante construite a partir de six futs de carburant, douze chambres a air, et des planches de bois.  Voilà, le « Muzungu » est deja operationnel et incarne une source de plaisir, les dimanches apres-midi, pour les prisonniers d'Alcatraz.

Le directeur d'AirServ ne s'est pas encore prononce sur l'avenir du « Muzungu ».  Manque de gilets de sauvetage, peut-etre?  Mais non.  Il y a une rumeur vicieuse que circule pretendant que les pilotes l'utiliseraient pendant l'obscurite de la nuit pour chercher des jeunes filles logees dans d'autres residences au bord du lac, et les rameneraient ensuite a la base sous la nez et la barbe des gardes.  En toute sincerite, qui pourrait croire a une telle histoire ?

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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /2007 06:58

Outre les deux passagers de Caritas, j'ai egalement eu plusieurs eveques et Nonce Apostolique sur mon vol de Lubumbashi a Kongolo.  Tout le monde etait tellement aimable et decontracte au depart que j'ai completement ignore l'importance de ce voyage.

C'est donc avec beaucoup de surprise que j'ai vu les presque 1,500 personnes qui s'etaient reunies sur le parking lors de notre arrivee.  Tout s'est tres bien passe.  Mais au retour, l'avion a souffert la crevaison d'un de ses pneus et a du etre remorque hors de la piste apres l'atterrissage. 

Malgre le gene occasionne pour les passagers, j'ai ete tres reconnaissant envers le Bon Dieu de m'avoir epargne l'embarras et l'inconvenience d'un tel probleme dans le village de Kongolo, qui se trouve a deux heures et demi de vol de Lubumbashi !

 

 

 

 

 

 

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Mardi 26 juin 2007 2 26 /06 /2007 18:58

Au cours de cette annee, les evacuations d’urgence ont probablement ete les moments les plus intenses.  Par exemple, il y a plusieurs semaines j’ai du transporter un expat atteint de paludisme de sa base jusqu’a Lubumbashi. Normalement, un tel vol ne serait rien d’exceptionnel sauf que dans ce cas-ci, c’etait en pleine nuit a partir d’une petite piste d’herbe (evidemment non balayee) d’un lointain village.

Cette semaine, l’OMS a demande a AirServ de transporter les sept blesses les plus graves d’un accident d’avion (entreprise aerienne Congolaise) a Lubumbashi. A l’arrivee, j’etais plonge dans une situation de chaos total. La population entiere de la ville [N.B. « village » = paillotes ; « ville » = paillotes plus hopital et antenne de telephonie mobile] etait ou a l’hopital, ou a la morgue, ou sur la piste, ou reunie autour de mon avion. Pas de responsable, pas d’information. Les soldats congolais essayaient de repousser la foule sans grand succes. J’ai suivi le chemin qui traversait la piste pour me rendre a l’hopital afin de voir les blesses et d’evaluer leurs conditions. Il n’y avait aucun medecin pret a prendre une decision, et les trois soldats du contingent jordanien des Nations Unies qui conduisaient une ambulance ne parlaient ni le Francais ni l’Anglais. Voila, vous avez une idee de la magnitude de la confusion qui regnait.

Une fois les blesses embarques – quelques-uns assis, d’autres couches au sol – une bonne dizaine de membres des familles des blesses ont egalement essaye de trouver une place a bord. J’avais du mal a leur expliquer que ce n'etait pas un A320…

 

 

 

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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 17:56

C’est la saison seche au sud-est du Congo.  A Lubumbashi cela fait maintenant plus de deux mois sans qu’une goutte d’eau n’arrive du ciel.  Sur la savane il y a de rafales de vent, les feuilles sont tombees de la moitie des arbres, et l’herbe et les buissons ont change a des couleurs ocre et marron.  Les villageois brulent les champs, ce qui laisse un paysage de desolation…  mais, ici c’est tout à fait normal, faisant partie du cycle annuel.

Nous sommes egalement en plein hiver, donc il fait noir quand nous partons a l’aeroport a 06h45.  Pendant la nuit la temperature peut descendre jusqu’a 5 ou 6 degres, donc il faut se couvrir.  Voilà, sur l’image ci-dessus vous voyez deux de nos chauffeurs bien habilles a l’heure de prendre la route.

Sur les trois images ci-dessous : (1) les belles couleurs de la savane en periode seche ; (2) les champs qui brulent ; (3) de jolies oasis que s’etendent le long des rivages des rivieres.

Par Alan Follmar - Publié dans : captaincongo
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /2007 20:17

La maitrise du chargement et un respect strict des limites etablies pour l’aeronef en termes de poid sont toujours des elements critiques, mais surtout au Congo compte tenu des conditions (longueur, obstacles, altitude) des pistes que nous deservons. La grande majorite de nos clients en est consciente et travaille serieusement en preparant, avec plusieurs jours d’avance, la cargaison et en nous donnant un manifest detaille au kilogramme pres.

Apres 11 mois au Congo je connais deja les ONG auxquelles je peux faire confiance.  Sur l’image ci-dessus, une moto, quatre moteurs hors-bord, des caisses, valises, et bien sur, des passagers.  Le client : Action Contre la Faim.  Je ne doute donc pas de la precision des chiffres declares.En revanche, il y a quelques organisations qui sont notoirement deficientes en gestion de logistique.

 

Ce matin a Lubumbashi, par exemple, quand j’ai vu la cargaison deposee par l’une de ces ONGs, j’ai tout de suite demande la balance.  On a decouvert 329 kg au dela du montant declare de 800 kg.  Enfin, des questions a poser aux passagers a propos de la valeur de la vie humaine (et la mienne en particulier), et encore un memo a rediger le soir…

 

 

 

 

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