Huit jours en France juste avant Noel. Pas de temps pour me reposer, car j'ai du rencontrer des amis et (parfois au meme moment) redecouvrir la bonne gastronomie francaise, tout en ayant comme objectif de reprendre les trois kilos et demi de poids que j'avais perdu. Un ami de Chartrettes m'a offert un beau T-shirt noir sur lequel est inscrit « Captain Congo »; je vous promets donc dans un future article une belle photo de moi habille en noir et portant les Ray-Ban que mes ex-collaborateurs de BarCap m'ont donne en aout dernier.
L'aller-retour en voiture de Goma a Kigali (Rwanda) m'a beaucoup plu. Les collines verdoyantes sont toutes amenagees et cultivees a la main. Dans les valles, des milliers de ruisseaux arrosent les petites parcelles ou bien des grandes plantations de the.
Un grand nombre de gens marchent sur la route, les femmes restant les plus remarquables : parfois pieds nus, toujours avec des fruits et legumes sur leurs tetes, pioches dans les mains, bebes sur les dos. Des enfants souriants - qui se trouvent partout, jouant sur l'accotement ou dans les arbres pres de la route - nous saluent. J'ai vu un malade porte sur les epaules de quatres hommes (« ambulance africaine » selon mon chauffeur).
A une heure de Goma nous avons trouve un centre de refugies recemment construit pour accueillir les villageois qui fuient les conflits armes a la frontiere avec la DRC. Nous avons egalement passe devant un tribunal en plein air ou les genocidaires avouent leurs crimes et demandent pardon (une histoire qui pourrait, a mon avis, encore se reproduire car la mefiance entre les Hutus et Tutsi perdure). Quelle histoire... et quelle future ?
Apres trois heures et demi de voyage nous sommes arrives a la frontiere. Aucun doute d'etre de retour au Congo : huit agents pour ouvrir la barriere (un qui travaille, sept qui observent) et une pluie diluvienne qui tombe seulement du cote congolais. L'agent d'immigration qui m'a donne tellement des ennuis a la sortie a cause du manque de traceabilite dans mon passeport americain est devenu cette fois-ci mon meilleur ami. Pourquoi suis-je la ? Je pense a Marlow dans le celebre roman de Conrad, a qui - avant sont depart au Congo - le medecin demande, « Des cas de folie dans la famille ? »
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