On nous a depose a l'entree d'un quartier pauvre aux alentours de l'aeroport. Plusieurs collaborateurs expat et moi-meme empruntons le chemin qui serpente entre les bananiers et les paillotes. Je regarde les femmes qui font la cuisine sur les feux. Des enfants (la moitie d'entre eux nus) me regardent sans rien dire. Je trouve bizarre le fait de ne pas entendre « Mizungu, mizungu » ou « Donne-moi un biscuit ».
Le cimetiere n'est qu'un champ de mauvaises herbes. J'entends des coups de pioche mais je ne parviens pas a voir ceux qui travaillent a cause de la foule. Une jeune femme perd connaissance et est emportee par des hommes. Quelques femmes chantent. Tandis qu'on attend, deux autres corteges montent le chemin vers d'autres emplacements.
Seulement un an de plus et il aurait atteint l'age moyen d'un resident de Goma. Il n'y a pas de discours. On met le cercueil dans la fosse et les hommes commencent a remettre la terre. Ils demandent de l'argent : prix d'achat pour des coqs ou pour un chevre qu'ils tueront en suite pour se proteger de l'esprit du defunt.
Au Congo, les victimes du SIDA sont condamnes a mourir tres vite, car le cocktail de drogues necessaires pour se maintenir en vie est trop cher. Edmond etait marie, avec de nombreux enfants a charge. La prochaine victime est evidente.
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